Douleurs post-opératoire Techniques de Neuromodulation

TOPO Martine ROUX (Médecin Anesthésiste)

Douleurs post-opératoires : les techniques de NEUROMODULATION, encore trop peu connues des chirurgiens

Le 1er avril dernier, à l’académie nationale de chirurgie, à Paris, s’est tenue une séance plénière sur ce sujet, qui a fait l’objet d’un point de presse dont voici la synthèse :

– Environ 10 millions de patients sont opérés en France, chaque année. 10% vont présenter une douleur chronique post-opératoire (ʺchroniqueʺ veut dire : qui évolue depuis plus de 3 mois et affecte la qualité de vie).

Seulement 3% des patients accèdent aux structures DOULEUR avec un délai d’obtention d’une 1èreconsultation de 6 mois à 1 an. 

70% de ces 3% ne sont pas satisfaits de leur prise en charge qui est en majorité médicamenteuse. Il s’agit de douleur pharmaco-résistante, notion récente qui reste encore à définir avec précision. En effet, elle permettrait de savoir à quel moment, un patient pourrait bénéficier d’une NEUROMODULATION.

– Les techniques les plus courantes sont la STIMULATION MÉDULLAIRE et la NEUROSTIMULATION TRANSCUTANÉE :

* la STIMULATION MÉDULLAIRE consiste à implanter chirurgicalement des électrodes au contact des nerfs qui émergent de la Moelle épinière et transmettent les influx douloureux au cerveau. Ces électrodes sont reliées à une pile implantée sous la peau, qui envoie de légères impulsions électriques aux nerfs, ce qui a pour effet de diminuer la transmission des influx douloureux. Cette technique est réservée aux centres spécialisés, et réalisée par un anesthésiste algologue ou un neurochirurgien.

Les indications sont essentiellement les radiculalgies persistantes après chirurgie du rachis et le SDRC (algo-dystrophie). 50 à 70% des patients sont soulagés.

* La NEUROSTIMULATION TRANSCUTANÉE, ou TENS (Transcutaneus Electrical Nerve Stimulation), consiste à coller des électrodes sur la peau de la zone douloureuse. Elles sont reliées à un petit générateur portable qui envoie de légères impulsions électriques qui ont aussi pour effet de diminuer la transmission des influx douloureux par les nerfs de la zone douloureuse.

Cette technique simple, beaucoup plus facile à mettre en œuvre, était réservée aux structures douleurs. Mais, depuis octobre 2025, la prescription est ouverte à d’autres médecins, pour le traitement de toutes les douleurs chroniques, donc aussi les douleurs chroniques post opératoires, en particulier après chirurgie orthopédique.

– En conclusion, les techniques de neuromodulation ont prouvé leur efficacité contre les douleurs chroniques post opératoires. Mais elles sont encore trop peu enseignées, donc trop peu connues, trop peu proposées par les chirurgiens et les médecins.

Or, pour la neurostimulation transcutanée, tout à fait accessible, il suffit aux médecins de se former.

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