Topo sur le Cholestérol Par le Médecin Anesthésiste Martine ROUX
le 01/06/2026 pour l’ANHR 64 65
Synthèse de l’article Vidal du 8/1/2025 : « HDL N’EST PAS UN BON CHOLESTÉROL»
et de la mise à jour du 23/2/2026 : « LES DYSLIPIDÉMIES »

En jaune, une plaque d’athérome au niveau d’une artère
Le cholestérol est un corps gras (lipide), synthétisé par le foie à 70%, 30% est apporté par l’alimentation. Il est éliminé par le foie.
Il est indispensable à la synthèse de nombreuses hormones (les hormones sexuelles, surrénaliennes, …) et à la structure de la membrane des cellules.
Insoluble dans le sang, il est transporté par des protéines :
- du foie vers les tissus qui en ont besoin, par les LDL (Low Density Lipoprotein)
LDL-c (= LDL-cholestérol) est majoritaire. Il est un constituant de la plaque d’athérome.
- des tissus vers le foie (pour être éliminé), par les HDL (High Density Lipoprotein)
Cette régulation hépatique peut être déséquilibrée par les facteurs suivants :
- l’hérédité, l’ingestion de trop de graisses animales, l’obésité, l’activité physique insuffisante
- certaines maladies : hypothyroïdie, maladie hépatique ou rénale
- des médicaments ( certains corticoïdes, diurétiques, pilules contraceptives)
Il en résulte un « trop-plein » de cholestérol dans le sang, qui va se déposer sur la paroi interne des artères, formant la plaque d’athérome, qui caractérise la maladie appelée athérosclérose, ou artériosclérose. Cette plaque peut se détacher et boucher une artère en aval : c’est l’accident cardiovasculaire :
- au niveau d’une artère du cœur (coronaire) : angor, voire infarctus du myocarde
- artère du cou (carotide) ou du cerveau : AVC ischémique
- artère des jambes : artérite
- artère pelvienne : trouble de l’érection
Pourquoi n’y- a -t’il pas de bon ni de mauvais cholestérol ?
Autrefois, LDL était « le mauvais cholestérol ». L : light comme léger, qui se disperse facilement pour se déposer sur la paroi artérielle. HDL était « le bon » : H comme heavy, lourd, trop lourd pour se disperser.
« J’ai beaucoup de cholestérol, mais c’est du bon, donc mon cœur et mes artères sont protégés ». C’est faux !
En effet, des études épidémiologiques récentes de forte puissance, donc fiables, ont montré que des taux bas, mais aussi des taux élevés de HDL sont associés à une augmentation de la mortalité totale par cancer, démence, fracture, …
IL FAUT UN TAUX MOYEN DE HDL ! (Entre 0,3 et O,9 g /l)
En dehors d’une hypercholestérolémie, qui est à risque de présenter un jour un accident cardiovasculaire ?
- les hommes à partir de 50 ans, les femmes à partir de 60 ans ou ménopausées
- les antécédents familiaux de maladie coronarienne précoce
- le surpoids, le tabagisme actif, l’HTA, le diabète de type 2
- HDL trop bas (< O, 4 g/l), LDL trop haut (³ 1,6 g/l)
Et les triglycérides ?
Ce sont des graisses apportées par l’alimentation., qui circulent dans le sang. Elles sont une source d’énergie essentielle pour notre corps ! Le taux idéal est < 1,50 g/l. Pour les taux > 1,50 g/l, aucun lien n’a été clairement établi avec une augmentation du risque d’accident cardiovasculaire (infarctus myocardique, AVC, artérite). Les causes d’un taux élevé sont : l’alcool, un diabète non contrôlé, un surpoids, certains médicaments. Un taux > 4 g/l représente un risque de pancréatite (inflammation du pancréas, maladie très grave).
Quand doser les lipides dans le sang :
Après 12 heures de jeûne ; à partir de 50 ans, tous les 3 ans chez les hommes, tous les 5 ans chez les femmes. Si un résultat est anormal, un 2ème dosage est nécessaire pour confirmer (ou non) le 1er. En cas de diabète, le dosage est annuel, car le diabète est associé à une augmentation des triglycérides et une baisse du HDL-c
Au total :
Bilan normal chez un patient sans risque cardiovasculaire :
- Cholestérol total (HDL + LDL +1/3 des triglycérides) : < 2 g/l
- Triglycérides : < 1,5 g/l
- HDL – c : > 0,4 g/l (en fait entre 0,3 et 0,9 g/ l)
- LDL -c : < 1,6 g/l
Patient à risque cardiovasculaire (coronaropathie précoce dans la famille, surpoids, tabac, HTA, diabète de type 2, hypo HDL < 0,4 g/l, hyper LDL ³ 1,6 g/l : un avis spécialisé est requis. Le cardiologue, ou le neurologue, ou le diabétologue, évalue le risque cardiovasculaire avec un outil comme le SCORE (Systematic Coronary Risk Estimation), qui prend en compte d’autres paramètres, par exemple l’existence d’une maladie inflammatoire, d’un SAOS (Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil), d’un état de stress …
Le risque va de faible à extrême.
Le SCORE permet de déterminer la valeur cible du LDL-c qui permettra de protéger le patient d’un accident cardiovasculaire : plus il y a de facteurs de risque, plus le LDL-cholestérol doit être bas.
Par exemple, pour un risque extrême, LDL-c doit être < O,4 g/l. Pour atteindre la cible, un médicament sera nécessaire (une statine en 1ère intention), mais il existe beaucoup d’autres molécules.
CONCLUSION :
Le cholestérol, il en faut, mais pas trop ! Si on est à risque cardiovasculaire, un taux anormal représente un sur-risque d’accident cardiovasculaire (essentiellement infarctus, AVC, artérite).
Les triglycérides, il en faut aussi, mais pas trop ! Attention à la pancréatite.
Le traitement d’une dyslipidémie repose sur 3 axes :
- Diététique : fruits, légumes, poisson, céréales complètes, diminuer les graisses animales
- Hygiène de vie : arrêt du tabac, bouger (30 à 60 mn par jour)
- Parfois un ou plusieurs médicaments si les 2 mesures précédentes ne font pas suffisamment baisser le HDL-c.
